mardi 21 juillet 2009

Claudine et sa recette de BBQ (trucs et astuces)

J’ai une étrange impression de copier/coller quand je compare la température de l’été 2008 et de l’été 2009. À défaut d’avoir le budget pour m’envoler vers le sud, cette année je n’ai d’autre choix que d’utiliser mon imagination pour mettre du soleil dans ma saison estivale. Et, à défaut d’avoir l’imagination fertile ces temps-ci, je n’ai d’autre choix que de me tourner vers des formules gagnantes, des valeurs sûres comme dirait ma mère. Ce week-end j’ai donc pris l’initiative d’assembler tous les ingrédients nécessaires à la réussite d’un BBQ.

Le facteur météo
Comme la température ne semblait aucunement en ma faveur, j’ai épinglé une caisse de chapelets à ma corde à linge. C’est à cet instant précis que j’ai compris que ces histoires de grands-mères sont vraiment des histoires de grands-mères. L’important dans ce genre de situation c’est de ne pas se laisser abattre par le facteur météo. Il faut simplement profiter de chaque brin de soleil qui se pointe en agace entre deux ondées dignes du Saguenay. Dès le moment qu’on maîtrise l’art de rapidement tout rentrer à l’intérieur dès l’apparition des premières gouttes, la tâche devient facile et même agréable.

Outre la mise au point de ma vision de la température, il existe d’autres importants facteurs à ne pas négliger pour réussir ce genre d’événement. Voici donc ma recette :

La bonne compagnie
Choisir judicieusement les gens qui vous entoureront lors de la soirée. Il est important de s’assurer que le mélange de vos comparses sera harmonieux. On ne mélange pas des oignons avec des fraises a moins d’être funké. L’idéal c’est que chacun des invités puisse entretenir une conversation avec plus de la moitié des gens qui seront présents. (Indice : les intérêts communs et le genre d’humour sont deux éléments rassembleurs). On évite ainsi la formation de clique, la création de conversation plate ou difficile à suivre pour certaines personnes et finalement des confrontations inutiles. Exemple de situation à éviter : Votre cousine adepte de scrapbooking parle des bienfaits de l’allaitement avec votre vieux pot Raoul le grincheux qui déteste les enfants. Certaines combinaisons peuvent être surprenantes j’en conviens mais je parle ici de valeurs sûres. On repassera pour les combinaisons funké.


Voici un exemple d'assortiement hamonieux de comparses. Même si on a l'air de faire un BBQ en plein mois de septembre, la température ne nous a pas empêcher d'avoir beaucoup de plaisir. Cotons ouatés et petites laines sont nécessaires.



La musique 
Il n’y a pas de recette miracle pour ce qui est de la musique. Par contre, il est agréable que tout le monde apporte ou puisse choisir un c.d. pendant la soirée. Ainsi, on évite des duels du genre : Fan du 6 à 6 vs Hipster sanguinaire. Chacun aura son bonbon le temps venu.

Dans la playlist du week-end on retrouvait entre autres : Mother Mother, Plants and Animals, Nick Caves, Les breastfeeders, Lily Allen, The National Parcs et une compilation de musique Motown. Pour ma part, le procédé m’a permis de découvrir The National Parcs. Quelqu’un peut me dire où j’étais pendant toutes ces années sans eux ?


La nourriture 
Rien de plus emmerdant que d’avoir 12 pièces de viande ayant une cuisson différente sur le BBQ. À moins d’avoir le meilleur chauffeur de bouilloire au monde, cette tâche est très ardue. Comme l’idée est de manger tout le monde ensemble, il faut miser sur une valeur sûre (ma nouvelle expression préférée). Quelqu’un doit donc prendre l’initiative de choisir le menu pour tout le groupe. On achète les ingrédients nécessaires et on divise la facture par le nombre d’invités.

Idées de repas facile et rapide :
Hamburger et hot-dog (Le trash)
Saucisses (Le funké)
Filet de porc (Le fancé)
Poitrine de poulet (Le classique)

Nous avons opté pour des saucisses minutieusement choisies à la saucisserie du coin. Une fois cuites, on coupe les saucisses en petits bouts et chacun goûte aux différentes saveurs.



Le repas était délicieux !

L’alcool
Ça prend de l’alcool, point. Ne serait-ce que pour déguster une bière pendant les 4 minutes de soleil que nous offre notre ménopausée et très susceptible Dame Nature avant le repas. Une petite consommation est nécessaire au bon déroulement de la soirée. Elle relaxera les plus tendus et fera disparaître quelques bâtons bien dissimulés.

Un divertissement quelconque (au goût)
Une fois la table rangée et nos bedaines gonflées par un abus de délicieuse nourriture, le temps est venu de se divertir. C’est le moment clé de la soirée et par le fait même le moment que je préfère. Pour être constante dans ma lancée de " valeurs sûres ", le jeu "  Fais-moi un dessin " s’est imposé. Chacun a écris une dizaine de sujets sur une feuille de papier. La catégorie des sujets choisis a été identifiée à l’endos de chacune des languettes préalablement découpées pour être éventuellement pigée. Si on pige une des catégories qu’on a nous-même écris, on ne peut pas participer à la devinette.

Voici quelques catégories utilisées ce week-end :
Personne ici (sujets : Stéphanie, Pierre, Kim, Jérémie, etc.)
Inside
Cinéma (sujets : Hiroshima mon amour, Chat Noir Chat Blanc, etc.)
Épidémie (sujets : C-Difficile, scorbut, peste, grippe porcine, grippe aviaire)
Horny (sujets : vous pouvez vous imaginer toutes les expressions " pipi, caca, poil " imaginables.)

Avec de telles catégories, les fous rire sont assurés. Ajouter à cela quelques joueurs très compétitifs, d'autres mauvais en dessin et certains un peu lent pour faire des liens et vous aurez un heureux mélange.


Voici quatre dessins tirés de la catégorie : Personne ici.
En haut à gauche il s'agit de Dominique faisant un salut de gymnastique, à droite c'est Jérémie et ses lèvres, en bas à gauche c'est moi et à ma droite il s'agit de Stéphanie avec ses grands cheveux et un bambi loin dans la forêt.

Une fois ces ingrédients assemblés, utilisez un appareil photo pour croquer quelques souvenirs de la soirée. L’utilisation d’aide mémoire est parfois nécessaire. Vous pouvez personnifier la recette en ajoutant des assaisonnements au goût. Bon appétit !

lundi 6 juillet 2009

Claudine au Festival de Jazz de Montréal

Le Festival de Jazz de Montréal est un festival mythique, un événement grandiose qui attire depuis maintenant 30 ans plusieurs artistes de renom. Il s’agit d’un événement qui est partie prenante du moteur économique de l’industrie touristique montréalaise. C’est bien beau tout ça, mais pour moi, le festival de jazz n’a rien de féérique. Des centaines de milliers de personnes qui marchent lentement dans les rues fermées, des vendeurs de hot-dog et de crème-glacée, des kiosques de bières avec des files d’attente qui n’en finissent pas et parfois, si on a de la chance, des spectacles. Malgré cette vision des choses, j’ai décidé d’affronter mes peurs et d’y retourner, et ce, deux fois plutôt qu’une. En fait, cette expérience s’est révélée être un combat ultime : Stevie Wonder VS Patrick Watson.

Round 1 : Stevie Wonder

Le mardi 30 juin, le grand, l’ultime et le populaire Stevie donnait un spectacle pour le festival. Sous la demande accablante de mon amie Dominique, je n’ai eu d’autre choix que de céder à la pression et d’accepter la mission d’aller voir M. Wonder. Le choix était simple, écouter Dom chanter : I JUST CALL TO SAYYYYYYYY, I LOOOOOOOVE YOU ou entendre la chanson live, avec les vraies paroles. Hum, laissez- moi réfléchir deux secondes...

C’est en arrivant sur la rue Sainte-Catherine que j’ai tout compris. Deux millions de personnes ont eu la même idée que nous et un million d’entre elles ont eu la brillante idée d’arriver tôt. Pas nous. Aussi, pour aider à apprécier notre soirée, Dame nature a décidé de se mettre de la partie en nous envoyant de la pluie. C’est à cet instant que le parapluie (le seul que nous avions) s’est cassé en deux. La tige de métal dans une main et le bout de toile dans l’autre, c’est en criant " Tonight we dine in hell ! " que nous sommes partis au front avec pour unique but d’apercevoir ne serais-ce qu’un minuscule bout de la scène où Stevie donnait son concert.

Malgré nos âmes de guerriers spartiates et nos bonnes intentions nous nous sommes vite rendus compte que ce n’était pas l’armée du roi Léonidas que nous devions affronter mais bien un débarquement de Normandie en pleine saignée. Difficile le combat, difficile ! Impossible de trouver un trou pour se faufiler jusqu’au devant de la scène, que dis-je, impossible de se faufiler pour trouver la rue qui mène à la scène. À défaut d’avoir un drapeau blanc pour déclarer forfait, tels des adolescents à la Saint-Jean, les copains ont été chercher de la bière et nous avons écouté le concert de très loin, assis sur un trottoir.





Ai-je besoin d'ajouter une description ?





Voici la vue que nous avions. Même pas un peu proche de la scène.




Round 2 : Patrick Watson

Ne reculant devant rien, presque une semaine après l’aventure de Stevie Wonder, j’ai décidé de répéter l’expérience pour aller voir Patrick Watson.

Le niveau de difficulté pour se rendre près de la scène semblait beaucoup moins élevé comparativement à la dernière fois. En fait, nous avons touché à notre but du bout des doigts dans les 20 premières minutes de notre arrivée. Pourquoi dis-je touché du bout des doigts ? Parce que dans une envie soudaine de briser des lois et n’ayant pas le courage de braquer une banque, nous avons décidé d’un commun accord de sauter par-dessus une barrière pour arriver directement sur le site, tout près de la scène.

Résumé de la mission

Jérémie saute la barrière : mission réussie.
Kim saute la barrière : mission réussie.
Je saute la barrière (je portais une robe, niveau de difficulté + 4) : mission réussie.
Dominique saute la barrière, ah non c’est vrai, elle ne l’a pas sauté, un bénévole zélé l’a arrêté avant. Malgré ses supplications de jeune blonde aux yeux bleus et le fait que trois de ses amis étaient déjà de l’autre côté, il a fallu rebrousser chemin. C’est à ce moment que nous avons mis un terme à notre carrière de criminel. Trop d’adrénaline c’est mauvais pour le cœur.

Sacrilège ! Tout était à recommencer. Nous avons donc plongé dans le bain de foule. Pour moi, ma légendaire patience et mon grand dédain du contact humain avec des inconnus, ce fut un exercice très éprouvant. Lorsque nous avons trouvé une place convenable pour voir le spectacle j’étais sur le point de crier au prochain inconnu qui me touchait, m’accrochait ou me frôlait : Toé, ta femme, tes enfants, tes collègues de travail, ta C.P.E, ton tour de l’île pis tout le monde qui était dans l’autobus avec toi ce matin, DÉGAGEEEEEEZZZZZZZZ !

Heureusement, Patrick Watson était là pour calmer le jeu, pour me calmer. Son spectacle était grandiose. Fidèle à lui-même, il a usé de son talent et de celui de ses musiciens pour modifier et improviser ses plages musicales. Il a utilisé sa voix comme seul lui sait le faire, même qu’à certains moments ses cordes vocales devenaient des ailes pour nous donner des envolées lyriques drôlement planantes. Grâce aux écrans géants, nous avons eu le privilège de voir toute la palette des émotions par lesquelles il est passé. J’avais l’impression qu’il chantait ses chansons pour la première fois. Aussi, nous avons eu droit à un duo avec Lhasa de Sala, le mariage de leurs voix était très touchant. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’expression Soft Porn musical en tête quand j’y repense. La chimie des deux artistes avait une aura sensuelle pratiquement visible à l’œil nu. Pour ajouter à la frénésie du moment, des images étaient projetées sur les immeubles environnants et un spectacle impressionnant d’ombres chinoises a été présenté. Est-ce que j’ai dit déjà que c’était grandiose ?

Pour ceux qui ne sont pas certains d’aimer Patrick Watson ou qui n’arrivent pas à trouver l’état d’esprit pour écouter sa musique, je vous conseil fortement d’écouter le film C’est pas moi je le jure. J’ai écouté ce film deux fois de suite pour goûter à toute la saveur que donnaient le mélange des images et de la musique. Un vrai rrrrrrrégal !

Le grand verdict du combat Stevie VS Pat Watson ? M. Watson remporte la palme d’or, et ce, haut la main ! Évidement cette opinion est totalement personnelle et beaucoup de facteurs négatifs ont joué contre Stevie. Sans rancune M. La légende.





Par rapport au spectacle de Stevie Wonder, on voit déjà une grande amélioration de la vue que nous avions. Malheureusement la photo ne rend pas totalement justice à l'ambiance de l'événement.




Outre le cadrage magnifique, (on était tassés comme des sardines) cette photo prouve que Kim était particulièrement satisfaite.