dimanche 9 août 2009

Claudine et les Francofolies

Les Francofolies, un festival dont j’ai toujours entendu parler mais auquel je n’ai jamais vraiment prêté attention. À 23 ans, il était tant que j’arrête de niaiser et que je m’y mette un peu. Cet été, après avoir testé et redécouvert le Festival de Jazz, j’ai décidé d’en faire autant avec les Francos. Il faut comprendre que dans la dernière année, en fait depuis que mon radio de char ne me permet pas d’écouter de c.d. en hiver, je suis devenu une fan finie de CISM et de fil en aiguille j’ai découvert beaucoup de groupes émergents francophones. Les Francos se sont donc révélées être une véritable mine d’or et de plaisirs.

Les préliminaires ont commencé avec un spectacle de Keith Kouna, ancien chanteur des défunts et tristement regrettés " Goules ". Afin de bien comprendre de quoi on parle ici, la simple définition du mot " goule " nous plonge, en quelque sorte, dans leur univers unique et fantastique. Les goules, selon notre ami Wikipédia, " changent de forme, prenant le plus souvent l'apparence d'une hyène ou celui d'une femme, mais elles sont reconnaissables à leurs pieds fourchus, seul élément constant de leur apparence. La goule affectionne les cimetières où elle déterre les cadavres pour s'en nourrir. La goule hante aussi le désert sous les traits d'une jeune femme et elle dévore les voyageurs qui succombent à ses appels. " Je disait donc que, Monsieur Kouna fait maintenant carrière en solo et nous gâte avec sa poésie qui est, selon lui, principalement influencé par la maladie mentale.

Kouna et la maladie mentale
Dès le début du spectacle, Kouna nous prend par la main et nous transporte dans son monde avec un monologue. Il nous parle des sentiments qu’il ressent alors qu’il est pris dans le trafic. Il danse, joue et jongle avec les mots, les rimes, les images mentales et les synonymes. Pour faire une comparaison toute simple, Keith Kouna est pour moi une version de Richard Desjardins sur l’acide.

Kouna était entouré de ses musiciens, le Kouna band. À sa gauche un claviériste particulièrement intense et à sa droite un guitariste froid, tout de noir vêtu qui regardait la foule avec un regard perçant. À l’arrière, un bassiste qui… jouait de la basse et un batteur aux cheveux long qui rockait les tambours le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Les rythmes étaient parfois clownesques et saccadés (Haut), parfois digne d’une émission jeunesse de super héros des années 80 (La joyeuse) mais toujours soutenus par la voix nasillarde de Kouna et sa poésie follement intelligente. Pendant une heure, ces joyeux lurons ont livré une prestation délicieusement disjonctée.

Band de pas d’casque
Après ce premier spectacle, je frétillais d’envie d’aller plus loin dans ma recherche de plaisir musical. Le plat principal m’attendait. Composé de Avec pas d’casque et de Band de Garage, cette assiette d’hommes barbus a eu un goût particulier et surtout bien dosé. Tel un bretzel enrobé de chocolat, ce spectacle sucré salé m’a hypnotisé par sa douceur et m’a fait bouger avec son rock et son drum pesant.

C’est Avec pas d’casque qui m’a ouvert l’appétit. Trois gars, une guitare, un lap-steel (SURTOUT le lap-steel) et un drum pour mon plus grand bonheur. J’avais l’impression d’être en tête-à-tête avec le groupe. Leur prose est particulière, douce mais particulière. Les chansons du deuxième album sont bâties comme une courtepointe. Ils collent des phrases très imagées et en font une œuvre qui pèse sur le cœur (La pire journée au monde), rassure les pensées hyperactives (Pauline) ou nous fait craquer un sourire (L’amour passe à travers le linge). Enveloppée par l’attitude zen et reposée du groupe, l’expérience était relaxante et énergisante à la fois. Les spas finlandais oubliez ça, allez voir Avec pas d’casque si vous voulez décrocher !

Band de Garage est ensuite venu sur scène. J’étais, à la base, un peu réticente à les voir en show. L’écoute de leur deuxième album a pour moi été un peu difficile. En fait, je devais simplement les voir en spectacle pour apprécier leur travail. Band de garage nous a garocher (et garocher est le mot juste) leur rock pesant comme une tonne de briques. J’accorde une mention spéciale au batteur pour les expressions faciales (grimaces et sourires trop plein de dents) qu’il prend en jouant. Ce duo est un mélange de lourdeur et de légèreté. Percussions lourdes, voix douce et lyrique, envolées musicales déchaînées, ils ont un son bien équilibré.

Finalement, la cerise sur le gâteau, Avec pas d’casque et Band de garage ont unis leur talent pour devenir Band de pas d’casque. Le rock de Band de Garage modifié par la sauce aigre-douce de Pas d’casque et la douceur de Pas d’casque pimenté par le poivre de Band de garage. Un combo d’enfer. Entendre et voir Stéphane Lafleur, le chanteur d’Avec pas d’casque, qui gueule : J’donne des pognées de main molles, priceless. Pendant cette partie, les fans des deux groupes étaient réunis dans une même foule et le concept de " tête d’affiche " était complètement effacé. C’était de toute beauté.

Ces derniers jours de brochettes musicales goûteuses ont été suffisants pour me donner la folle envie de participer prochainement au FME (Festival de musique émergente) mais aussi d’attendre impatiemment les Francos 2010 ! Mon seul regret et de n’avoir vu que deux spectacles. L’année prochaine, j’me gâte !
 
Ce que j’ai aimé :
- Pendant Avec pas d’casque, la salle était totalement silencieuse et respectueuse des artistes;
- Être au devant de la scène sans contact humain provenant d’inconnus;
- Le spectacle de Kouna était en plein air et gratuit;
- Partager ces moments avec des gens qui apprécient autant que moi le moment et la musique.

Ce que j’ai moins aimé :
- Le dude qui riait trop fort quand Stéphane Lafleur faisait des blagues;
- La dudette qui criait : Keith Kouna J’taime !;
- Avoir manqué Chinatown (qui jouait à 23h un jeudi) et Dany Placard (qui jouait à 16h15 un vendredi).


Un petit arrêt sous le soleil de fin de journée en attendant le show de Keith Kouna.


Keith Kouna et une partie du Kouna band à l'oeuvre.


N'ayant pas de permission spéciale pour prendre des photos pendant le spectacle de Band de pas d'casque, une photo de moi avec mon billet. Triste consolation.

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