mercredi 17 juin 2009

Claudine au cinéma

Si je vous dis " Italie ", vous pensez au spaghetti ? Vous avez en tête les paysages de la Toscane ou encore une balade en gondole avec un drôle de monsieur qui chante " Ohhhh Solemioooooooo " ? Ceux qui pensent aux restaurants Mikes en ce moment, je vous demanderais un petit effort s’il vous plait, vous n’y êtes pas du tout. Tony Conte, non plus ca ne compte pas. Bref, l’Italie est en soit une destination qui fait rêver beaucoup de nord-américains naïfs (ici, précisément, j’entre dans la catégorie de nord-américains naïfs). Mardi dernier, j’ai découvert que la vie c’était pas toujours beau. Ça s’appelle un saut de réalité en pleine face.

Comment en suis-je venu à un tel choc ? Un copain m’a emmené voir un film transpercent de réalisme. Rassurez-vous, mon but n’est pas de faire une critique, de sortir les points forts et les points faibles d’un film. Non, mon but est simplement de partager le plaisir de cette découverte.

D’abord, il faut savoir que Gomorra est un film basé sur un livre écrit par Roberto Saviano. Monsieur Saviano est l’un des premiers écrivains à décrire de façon très précise les milieux mafieux. Il a entre autres enquêté sur les activités criminelles de la Camorra, un phénomène mafieux urbain.

Note de la rédaction : On s’entends-tu pour dire que les soirs d’orage, Roberto Saviano doit voir plus d’une silhouette d’homme armé à sa fenêtre lorsqu’un éclair déchire le ciel !?

Je disais donc, Gomorra nous prend par la main pour nous faire visiter un environnement imbibé de corruption et de violence vécue au quotidien par les personnages. Selon moi, l’emploi du mot " personnage " est bien faible. On nous raconte sept histoires entre coupées de résidents de Naples. Chacun des personnages principaux est lié par la Comorra mais y joue un rôle différent. En fait, il est pratiquement impossible de n’être qu’un témoin, qu’un figurant dans ce milieu.

J’ai particulièrement été touché par l’histoire d’un adolescent nommé Totò. Au lieu de boire ses premières bières en bonne et du forme dans le sous-sol d’un ami, Totò fait le guet pendant que les gens de son gang passe de la cocaïne dans le robot culinaire pour affiner le produit avant de le mettre en capsule. Pendant le film, j’ai souvent eu l’impression qu’outre le crime organisé et la corruption, il n’existait pas d’issu possible pour ce jeune ou plutôt pour ces jeunes, que dis-je.

À certains moments, j’oubliais que j’écoutais un film, une fiction. J’avais plutôt l’impression d’écouter " découverte " version gore avec la narration de Charles Tissaire en moins. Le jeu des acteurs était tellement d’un réalisme provocant.

D’ailleurs, voici une anecdote tirée directement de notre ami Wikipédia : " Certains acteurs sont des gens de la région napolitaine sans aucune référence professionnelle. Le 11 octobre 2008, Bernardino Terracciano, interprète de "Zi Bernardino" dans le film, a été arrêté dans le cadre d'une opération policière contre le clan des Casalesi. Le 5 janvier 2009, Giovanni Venosa, autre acteur de Gomorra, est lui aussi arrêté dans le cadre d'une enquête sur la collecte du pizz. Salvatore Fabbricino, interprétant un des camorristes, est lui aussi arrêté pour avoir fait partie d'un commando qui a fait 6 morts auprès de ressortissants africains. "

Je définirais Gomorra comme l’anti-film mafieux, l’anti-Scarface. On enlève tout le glamour au milieu de la drogue et au milieu du crime organisé. On nous montre le vrai visage du fléau, les vrais soldats de la guerre. Mais bon, fidèle à moi-même je vais en prendre et en laisser en espérant que la réalité de ces gens n’est pas si mauvaise. Je laisse planer le bénéfice du doute et j’espère de tout cœur qu’il existe des issus pour les jeunes de ce milieu. C’est peut-être ma façon de rester dans la catégorie de " nord-américains naïfs ".



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